Être invité.e à manger une blanquette : symbole de la vraie vie d’adulte ?

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Introduction de ma chronique d’adulte « 30 ans sinon rien » :

28 ans. Presque 29. Presque 30. Aïe.

J’ai accepté d’avoir du mal à supporter de faire des nuits blanches, de boire plus de 3 pintes, de dormir sur le carrelage froid et dur d’une salle des fêtes

Par ailleurs, j’aime toujours manger une glace en sortant du bureau, porter des tee-shirts avec des petits dinosaures, demander à ma mère « qu’est-ce qu’on mange ? » lorsque je passe plusieurs jours dans ma maison d’enfance et prendre un petit goûter à 16h.

Qui suis-je alors ?! Une adulte ? Une enfant ? Une grande personne ? Une femme avec des yeux d’enfants ? Une petite fille dans un corps de quasi-trentenaire?! Ai-je définitivement quitté la magie de l’enfance ? EST-CE GRAVE DOCTEUR ?! 

Comment est votre blanquette ?

Anecdote : je suis invitée un samedi soir chez un couple d’amis. Rien d’anormal jusqu’ici, on dîne, on fait un jeu de société et je rentre dormir à une heure raisonnable après avoir passé une agréable soirée. Alors que je me réjouis de ces retrouvailles, mon amie m’indique « je préparerai une blanquette ».

WHAAAAT ?!

C’est ça être adulte ?! C’est être invité le samedi soir à partager une blanquette de veau ?! Entre deux verres d’un breuvage choisi avec une grande attention à l’accord « mets – vin », après les noix de cajou et les crudités mayonnaise de l’apéritif (adieu les chips), et avant le plateau de fromage composé avec soin auprès du fromager du marché du samedi matin et la tarte aux pommes préparée par la maîtresse de maison. La soirée se conclura certainement par cette phrase qui tue « Quelqu’un veut une eau chaude ? »

Suis-je vraiment prête pour ça ?!

J’avais déjà eu un premier choc la première fois que j’avais décidé de me faire cuire une langue de bœuf pour mes repas de la semaine. Cet achat et cette décision signent-ils la fin des raviolis en conserve, des pâtes carbo (celles à la crème – french way), du kebab pris à la va-vite en rentrant d’un verre au bar (salade, tomate, oignon), de la semoule qu’on fait chauffer vite fait avec la bouilloire ? Le fait de me lancer dans des plats familiaux était-il le signe que je me préparais inconsciemment à une vie de parfaite mère de famille ?

La blanquette est-elle le symbole de la vie d’adulte ?

Et si c’était ça les vrais signes de devenir une grande personne ? Les habitudes changent, mais pas le plaisir qu’on prend à les vivre. Je reste une enfant, à me réjouir pour des petits riens, mais ces petits riens ne sont plus les mêmes. Le plaisir de faire rôtir des pièces de viande dans une cocotte en fonte Le Creuset dans laquelle on a investi car « une fois achetée, je l’ai pour toute ma vie », l’excitation d’entendre retentir le sifflement délicat d’une cocotte-minute SEB, la joie de voir les frites frémir lorsqu’elles sont plongées dans l’huile chaude de la friteuse, l’ivresse de faire couleur l’huile d’olive dans une sauteuse avant d’y faire revenir des petites légumes…

Les joies innocentes de l’enfance ne sont pas terminées. Elle se couple avec les responsabilités, la vraie vie, les coups durs, les comptes bancaires, la nécessité de faire un usage modéré de sa carte bleue ! Finalement, conduire une voiture, payer ses impôts, faire l’amour, rentrer du bar à 3h du matin, toutes ces petites choses nous ramènent au rêve, à la fantaisie qui nous permettent de rester des enfants dans nos corps d’adulte.

Ce n’est pas si mal, finalement.

Article rédigé par Justine M.

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L'incarnation du magazine, avec sa propre personnalité, ses propres aventures et ses propres récits. Il est libre, ouvert et souvent incorrect. Derrière lui se cache tout.e.s les rédactr.ices.eurs qui ne veulent pas donner leurs identités lors de certaines histoires. Il est la liberté d'être ce qu'on veut à jamais : Épanoui et en train de manger des pâtes !

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