En toute intimité #8

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Dans la société actuelle, la sexualité peut encore être un sujet tabou. Ce magazine a pour but de pouvoir en parler en toute liberté et sans jugement. Après tout, l’intimité sexuelle est quelque chose de naturel, que nous pratiquons tous depuis la nuit des temps. Sinon nous pensons que nous ne serions pas aussi nombreux sur Terre.

Dans le Cul bordé de Nouilles Magazine nous parlons de ce sujet avec bienveillance, nous partageons nos expériences, nous oublions nos complexes et nous ouvrons notre esprit. Nous avions envie de vous présenter des portraits intimes ou chaque participant a répondu en toute sincérité à différentes questions.

Intimitéchaleur et douceur au rendez-vous 

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Comment vis-tu ta sexualité ?

Activement haha.

Nous avons un écart léger de libido avec mon partenaire mais nous avons réussi à mettre en place des solutions de manière que personne ne soit trop frustré.e. Globalement je me sens épanouie dans ma sexualité, que ce soit sur le plan personnel ou relationnel.

Te sens-tu à l’aise avec ton corps au moment de l’acte ?

Absolument, même si ça fluctue selon certaines périodes, surtout en fonction du regard que je porte sur mon corps. Mais, de manière générale, je ne me préoccupe pas tant de ce à quoi ressemble mon corps lorsque j’ai des relations sexuelles.

As-tu confiance en toi au lit ?

Plutôt. J’ai eu une sexualité active assez jeune et j’ai eu pas mal de partenaires. Cela a souvent eu l’effet de mettre la pression à mes partenaires masculins (peur de ne pas être à la hauteur). Par conséquent, même si c’est plutôt triste de voir à quel point le patriarcat peut mettre la pression aux hommes aussi, cela m’a appris avec le temps à guider autrui vers mon plaisir et à instaurer un rapport horizontal de confiance. En toute honnêteté ça a même boosté mon égo, cette sensation de faire peur aux hommes parce que « j’avais plus d’expérience ».

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Un mot pour décrire ta sexualité aujourd’hui ?

TW VIOLENCE ET AGRESSION SEXUELLE

Je dirais que ma sexualité est un réel cheminement vers moi-même et mon rapport aux autres.

Mes débuts dans ma sexualité sont vraiment catastrophiques. J’ai subi deux viols en l’espace de quelques mois et ça a marqué le début de ma sexualité. Face à ça, je pense que j’ai fait le choix de considérer mon corps comme « un bout de viande attirant » puisque c’est comme cela qu’il a été regardé la plupart du temps au début de ma sexualité. J’ai compris qu’il pouvait me servir pour avoir un semblant d’attention dont j’avais cruellement besoin.

Avec le temps, les bonnes rencontres amicales et amoureuses, j’ai commencé à comprendre l’importance de respecter mon corps et surtout mes envies ! Au bout d’un moment, j’ai fini par comprendre qu’on ne « donne pas son corps » contre un câlin, que l’attention et l’amour n’étaient pas l’aboutissement d’un acte sexuel que j’étais obligé de faire pour être aimée. Je dois beaucoup aux femmes que j’ai rencontrées dans ma sexualité et qui m’ont permis de sortir de cette relation malsaine et traumatique que j’avais avec mon corps.

C’est pourquoi, je qualifie ma sexualité comme un chemin, parce que putain c’était long et c’était compliqué mais aujourd’hui j’ai appris à dire non (enfin, il y a encore de la route devant moi haha), à me « respecter », à rendre la dimension tellement symbolique et belle à ma sexualité, dans un rapport j’espère plus sain avec mon corps. Beaucoup de choses sont encore à déconstruire mais mes mauvais réflexes d’aller chercher de l’attention avec mon corps sont désormais beaucoup moins présents !

Aimes-tu te satisfaire tout seul ? Sinon quel est ton ressenti par rapport à ça ?

Absolument j’aime et je re-aime même ! C’est une pratique que j’utilise au quotidien pour me faire plaisir, pour me détendre, pour répondre à ma libido lorsque mon amoureux n’en a pas et même pour mieux réfléchir. Typiquement je fais des pauses masturbation quand je travaille pour être plus productive simplement parce que je suis plus détendue.

Quelle est selon toi l’importance du sexe dans le couple ?

C’est une question compliquée pour moi. J’y porte une importance assez grande dans la mesure où j’ai du mal à entretenir une relation romantique avec quelqu’un.e où ça ne fonctionne pas niveau cul. Je ne parle pas tant de plaisir mais vraiment de la connexion, du toucher, de la tendresse ou au contraire de la brutalité de l’acte : c’est plutôt si je sens qu’il y a du potentiel pour qu’on se fasse vraiment kiffer ou si on n’est pas sur la même longueur d’onde.

Cependant, je ne pense pas qu’une pratique sexuelle fréquente dans le couple soit le signe d’une relation saine. Je peux passer plusieurs semaines sans coucher avec mon copain et ça ne m’alarme pas, ce n’est pas ce qui fait que notre couple est ce qu’il est. Même si ce sont en revanche, des moments privilégiés qui nous rapprochent sur un plan différent : plus métaphysique je dirais.

En résumé pour moi, c’est important mais pas primordial pour avoir une relation épanouie.

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Quelle est ta plus longue période d’abstinence ? Comment l’as-tu vécu ?

Je pense que ça doit être un mois ou deux. Ce n’était pas forcément désagréable mais bon c’est tellement bon, pourquoi s’en passer ?

Est-ce que, pour toi, le sexe apporte une sorte de bien-être ?

Oui. Ça me détend, ça me donne confiance en moi, ça m’en apprend toujours un peu plus sur mon corps et ça fait du bien ! Pour moi, la sexualité c’est vraiment une école de la vie (quand c’est consenti) : soit on est face à un « échec » et on apprend, soit ça peut faire beaucoup de bien !

Est-ce que pour toi le sexe est indispensable ?

Oui. C’est indispensable pour moi. J’ai l’impression que ça a toujours fait partie de ma vie. J’ai des souvenirs de moi très jeune en train de me masturber avec mes doudous. Je ne pense pas que je puisse m’en passer.

Quelle est selon toi la fréquence idéale des rapports ?

Honnêtement je n’ai pas vraiment de réponse à cette question. La fréquence idéale c’est quand j’en ai envie, donc ça peut être cinq fois dans la journée comme cinq fois par mois.

« Pour moi, la sexualité c’est vraiment une école de la vie (quand c’est consenti) : soit on est face à un « échec » et on apprend, soit ça peut faire beaucoup de bien ! »

Selon toi, l’attirance sexuelle doit être entretenue ou spontanée ?

Je ne crois pas vraiment en la spontanéité. On ne fait jamais rien sans y avoir pensé avant et c’est parce qu’on a mis l’intention de faire ça dans nos cerveaux que ça finit par arriver. Je trouve ça meilleur quand on prend le temps de faire venir le moment en parlant ou en réfléchissant. Je suis dans l’équipe entretenue, parce que ça fait monter le plaisir et j’adore ça !

Par exemple, c’est juste un « tiens je te prendrais bien aujourd’hui chéri » ou « c’est fou tu me fais de l’effet, je crois que je ferais bien l’amour aujourd’hui » ou encore « viens la prochaine fois, on fait un truc qu’on n’a jamais essayé ». C’est important pour moi parce que d’une part, ça me permet de me consulter régulièrement sur mes envies, de vivre une sexualité intime et d’en apprendre plus sur mes pratiques, d’autre part, ça instaure la discussion avec mon partenaire, m’assure de son consentement et nous permet de nous réinventer quotidiennement.

Quel est ton plus grand fantasme ? L’as-tu déjà réalisé ? Qu’as-tu ressenti ?

Mon plus grand fantasme est un gang bang bi. (Une grosse orgie sa mère ehe)

En quelque sorte je l’ai déjà fait mais plus avec des femmes, parce que j’ai encore du mal avec le comportement peu déconstruit de certaines personnes. C’est déjà compliqué de trouver une personne avec qui ça match alors avec plusieurs, bonjour la difficulté. J’ai un peu peur de me retrouver dans la position de la meuf à genoux qui suce une dizaine de bites et même si ça a l’air kiffant, cela me demande encore de déconstruire tellement de choses et mon passif et mes traumatismes font que j’ai peur d’être dans une position dégradante. Ce n’est pas vraiment sensé ou logique mais je le ressens comme cela.

Quand j’ai couché avec plusieurs femmes en même temps c’était génial, ça m’extirpe du rapport genré que j’ai encore du mal à déconstruire. J’ai ressenti beaucoup de plaisir. Ce qui m’a permis de fantasmer avec plus de confiance sur des rapports bisexuels à plus grande échelle ehe !

Quel est ton premier souvenir sexuel ?

Comme dit, mon premier souvenir remonte à quand j’avais cinq ou six ans avec un ours en peluche que j’avais dans ma chambre.

« Je le trouve beau même si parfois il m’étonne par sa texture, ses pertes et ses odeurs. Mais je l’aime et je le sens puissant »

Comment trouves-tu ton sexe, quelle est ta relation avec lui ?

Je le trouve beau même si parfois il m’étonne par sa texture, ses pertes et ses odeurs. Mais je l’aime et je le sens puissant.

Il peut me donner tellement de plaisir, et bon faut le dire c’est une putain de Warrior : une force de la vie qui permet de la créer, je trouve ça dingue !

Je pense avoir une relation saine avec lui.

Si ta sexualité était une musique, laquelle serait-elle ?

Je dirai que c’est la musique I am women d’Emmy Meli parce qu’elle parle de tout ce que l’on peut être en même temps. Ma sexualité c’est ça : sans peur, divin, sexy, de la féminité, de la masculine, de la créativité, etc. « Je peux aimer, je peux te l’apprendre » ma sexualité.

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