Le libertinage IRL


La première fois qu’on m’a parlé de libertinage, j’étais tellement loin de ce monde que j’ai cherché sur Google pour savoir ce que ça voulait dire (je me doutais que ça concernât autre chose que Choderlos de Laclos et ses Liaisons Dangereuses).

J’ai navigué longtemps dans ce monde, en couple et en femme seule, et j’y ai appris à peu près tout ce que je sais de la sexualité. Dans un Dîner presque parfait, on parle de cuisine ? Dans les soirées libertines, c’est pareil : on parle de sexe. « Pourquoi êtes-vous là ? Quand et comment avez-vous commencé ? Quelle pire galère ? Où sortir en ce moment ? » Et quand on parle de sexe, on parle d’intime : on se raconte…

Alors voici quelques infos en vrac, pratico-pratiques, si vous hésitez à franchir la porte pour passer de l’autre côté du miroir…

Les lieux :

D’abord il y a des lieux « publics » : clubs, saunas, chambres d’hôtes, hôtels, croisières…

Les clubs sont des boîtes de nuit, avec un bar, une partie où on danse (pole dancers very welcome… et si vous aimez les cages, c’est possible aussi), des canapés où on peut commencer à se peloter gentiment, et des espaces plus ou moins privés (les « coins câlin ») pour attaquer les choses sérieuses. Il vaut mieux ne pas être allergique au skaï. Les ambiances des clubs varient : ça dépend du lieu, des soirs, de l’équipe… Il y a toujours un calendrier qui donne le ton des soirées : certaines sont destinées aux couples débutants, par exemple.

Le prix => un coup d’œil sur le web pour éviter les surprises… Un exemple : certains clubs font des soirées pluralité masculine, où tout est gratuit pour les couples, et où les hommes seuls payent le prix fort. On ne va pas se raconter d’histoires : il vaut mieux ne pas avoir froid aux yeux ces soirs-là.

Ensuite il y a les lieux privés : les très prisées soirées privées, organisées par des libertins, souvent assez qualitatives puisqu’il faut avoir été invité pour participer. Là aussi, une grande variété existe : certaines sont à thème (masquées, BDSM, bondage…), certaines sont immenses, certaines sont régulières… Pour les trouver, il faut fouiner un peu sur le net et notamment sur les sites de rencontres libertines.

Et il y a bien sûr les rencontres privées : inviter un couple chez soi, avec peut-être un premier verre dans un bar… les petits comités offrent plus d’espace pour discuter et effeuiller en toute tranquillité.

Dessin : La moustache de la dame

Les attentes de chacun :

Les couples peuvent être :

  • côte-à-côtistes : on fait des galipettes les uns à côté des autres mais chacun reste avec sa chacune,
  • mélangistes : la règle de base est simple : pas de pénétration hors couple initial… Mais des caresses avec le couple d’à côté sont autorisées, surtout entre femmes… Mieux vaut préciser exactement ce qui est OK et ce qui ne l’est pas pour chacun,
  • échangistes : fête du slip, tout est autorisé avec tout le monde !! nan, je rigole… Certains couples échangistes posent des règles comme pas de baiser sur la bouche,
  • 2+2 : la dame part avec le monsieur de l’autre couple dans une autre pièce, et vice versa… et on se retrouver plus tard, bye bye,
  • candaulistes : le mari d’un couple souhaite simplement regarder, il ne participe pas aux ébats (nettement plus rarement, la femme peut être spectatrice).

Les couples ne sont pas les seuls dans les lieux libertins : on y croise aussi des personnes qui sortent en solo. Les femmes seules sont des reines : elles entrent à peu partout gratuitement, sont très minoritaires et très courtisées sur le web. Les hommes seuls sont dans la situation opposée : nombreux, pas toujours autorisés à entrer et payant souvent le prix fort.

On peut se retrouver :

  • à 2 : on vient juste pour regarder et se faire regarder,
  • à 3 : trios HHF (homme/homme/femme, soit un homme seul qui accepte de rejoindre un couple… assez facile à organiser) ou FFH (moins évident, il faut trouver une femme seule),
  • à 4 (deux couples qui échangent),
  • à beaucoup, beaucoup plus nombreux… Cela concerne plutôt les soirées privées, dans lesquelles de grands espaces permettent à de véritables partouzes de se mettre en place. Rapidement on ne sait plus très bien à qui sont ces mains, ces lèvres, cette jambe, ce sexe…
  • Les gang-bangs sont des situations de pluralité masculine autour d’une femme, parfois deux : beaucoup d’hommes pour s’occuper d’elle(s).
Dessin : La moustache de la dame

La bisexualité :

Elle est courante entre femmes, mais pas systématique : finalement peu de femmes sont franchement bi, beaucoup le sont un peu, par jeu. Cela fait partie des questions à (se) poser un peu en amont.

Elle est plus rare entre hommes, mais commence à se démocratiser. Là aussi : on en parle ! Certains messieurs ne sont pas contre se tester un peu sur le sujet, d’autres sont dans une vraie recherche à cet égard.

Les tenues :

En privé ou en club, les soirées sont une occasion de sortir des tenues sexy. Les messieurs sont le plus souvent invités à choisir une tenue un peu élégante (voire très habillées selon les codes de soirées). Les femmes ont la possibilité de sortir corsets, strings extravagants, résilles, talons aiguilles : on joue avec les codes de l’ultra féminité, ce qui enchante ou déplaît. Dans les clubs, il y a toujours une possibilité de se changer sur place (si vous préférez ne pas sortir en mini jupe motif panthère devant vos enfants…).

La sécurité :

Préservatif obligatoire, point barre. Il y en a toujours à disposition dans les lieux libertins, clubs ou saunas. Et c’est une règle vraiment très respectée : en 15 ans de libertinage, je n’ai jamais eu de souci sur ce sujet.

Sécurité d’image : certains aiment prendre des photos. Avant de vous immortaliser en sexy-selfie, discutez-en avec vos partenaires de jeux. Les libertins sont souvent très discrets sur cette partie de leur vie, et assez à cheval sur la protection de leur identité.

Dessin : La moustache de la dame

Des règles ?

LA règle, c’est qu’on se parle. On se dit ce qui va bien pour chacun, et c’est une des choses agréables dans le libertinage : on y apprend à repérer ce qu’on aime, ses limites aussi, et à en parler. On se parle par écrit quand on se rencontre sur un site web (on se présente déjà dans une fiche le plus souvent), ou on se parle dans le hammam ou sur la piste de danse, ou même en arrivant avec un partenaire dans un coin câlin… mais on se parle. Parfois on se parle avec les yeux, d’un regard, d’un geste : et ça fonctionne bien aussi. Le respect est une règle d’or, et un simple geste suffit à arrêter net les avances d’un homme ou d’une femme.

Donc : on a parfaitement le droit de venir dans un club, un sauna, une soirée juste pour , puis de rentrer chez soi et s’envoyer en l’air tranquillement avec son/sa chéri(e) en profitant de l’émoi ainsi suscité !

Et la règle s’applique aussi au sein du couple : parlez-vous, parlez de vos envies, de vos désirs, de vos limites, de celles que vous souhaitez repousser, de celles qui sont infranchissables, des raisons pour lesquelles vous en avez ou pas envie… Si le libertinage ne devait avoir qu’une seule utilité, cela devrait être au moins celle de créer un débat au sein du couple sur la sexualité. « J’ai envie d’aller voir ailleurs, j’ai envie de regarder un couple qui fait l’amour, j’ai envie de trois hommes sur moi, j’ai envie de voir un homme te lécher, j’ai envie de te voir sucer un autre mec » : on en parle et on regarde si c’est quelque chose qu’on peut ou non explorer ensemble.

Un autre avis sur le libertinage par l’une de nos rédactrices ?
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