Avale-moi

Les Amuse-Bouches: une nouvelle catégorie de textes qui parlent de sexe par le prisme de la fiction. Aujourd’hui, on vous parle de fellation…

 

Rapidement, tu défais sa ceinture. Tu es allongée contre lui, la bouche contre ses lèvres. Tu sens son désir t’envahir et ne plus te lâcher. Tout chez lui te rend fébrile, prête à te consumer en un instant. Son corps collé contre le tien t’empêche d’enlever correctement sa ceinture. L’excitation te fait trembler, toi qui es d’habitude si sûre de tes gestes. Tu t’énerves, ses lèvres s’ouvrent de plus en plus pour laisser se faufiler sa langue dans ta bouche. Plus rien n’existe en dehors de vos langues entremêlées, ta réalité est focalisée sur ta main glissée sous son boxer. L’étroitesse du boxer plaque tes doigts contre sa peau. Il faut qu’ils avancent, qu’ils sortent de cette broussaille qui les ralentit.

Ton cœur s’accélère et martèle lourdement contre ta poitrine : tu la sens enfin sous tes doigts. Tu n’as plus envie de la lâcher, jamais. Il faut la sortir et vite, la sentir se déployer dans ta main trop petite pour elle. Son souffle à lui se fait plus rauque, ses poumons ne respirent désormais plus qu’à travers ta bouche. Tu sens comme elle est gonflée de désir ? Mais ce n’est pas assez, tu as envie de toucher son âme du bout des lèvres. Tu retires complètement son boxer et dans un élan quasi divin, détaches ta bouche de la sienne. Il sait déjà ce que tu veux. Ta main la serre de plus en plus fort, et commence des lents mouvements pour raidir son ardeur.

Ta bouche est beaucoup trop loin, le moindre centimètre qui te sépare de l’objet de ton appétit te met dans une fureur que tu ne te connaissais pas. Ta langue ne suffira pas, il te la faut dans ta bouche, comme on se goinfrerait sans manière d’un met qu’on a trop longtemps attendu. Elle est si dure que ses veines ressortent au point que tu as l’impression de sentir son cœur battre sous ta langue. Tu sens ses mains qui s’agrippent pour diriger le mouvement de ta tête. Mais non, tu ne te laisses pas faire. Tu es sauvage, insaisissable. Rien ni personne ne t’arrêtera. Tu es liquide.

Et c’est l’abandon : ses mains finissent par te lâcher, son regard se fixe sur un point invisible au plafond, ses cuisses ont cessé de se débattre. Tu vas de plus en plus vite et de plus en plus loin, ta salive déborde de partout, tu n’es jamais assez humide. Il t’appartient tout entier. La moindre petite accélération, le plus petit coup de langue occasionne un effet papillon qui désarticule son corps comme un pantin. T’arrêtes pas, t’arrêtes pas, ta langue fait l’effet d’un bulldozer avec la précision d’un papillon. Ta récompense jaillit dans ta gorge dans un jet amer et chaud. Tu t’abandonnes, tout déborde, il ne crie même pas tant le plaisir l’inonde. Tu as envie de tout lui cracher à la figure, mais tu n’en as plus la force. Tu laisses ta langue baigner dans cette onctuosité nacrée avant de tout avaler, repue et comblée.

A.

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